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 Enchainement désastreux [Pv Shin]

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Namie

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MessageSujet: Enchainement désastreux [Pv Shin]   Lun 28 Oct - 20:55

Elle n'arrivait pas à dormir, le bip régulier la ramenait à la dure réalité.
Celle d'un accouchement précoce qui avait failli lui être mortel. Une réalité dure : Elle avait fait une hémorragie. Dans un premier temps, la péridurale avait fait son effet. Elle ne sentait rien en dessous du nombril, elle ne savait pas pourquoi les sages-femmes s’agitaient ainsi pendant des dizaines de minutes. Au final, elles avaient rappelé un chirurgien pour opéré par césarienne. C'était un spectacle à la fois fascinant et horrifique que de voir consciemment quelqu'un qui lui ouvrait le ventre.

Elle aurait voulu paniqué, crier s'enfuir, elle se trouvait comme paralysé, son cerveau était devenue une boule de mélasse, incapable d’aligner de pensées lucide, il marchait au ralentis.
Était-elle vivante à cet instant ? Elle ne sentait rien, tous ses souvenirs étaient brouillés par un filtre flou et sombre. Elle aurait presque put le rêver.
Puis une fois le cauchemar finit, l'anesthésiant perdu de son effet achevant de la convaincre de ce qu'il s'était passé.
La douleur survint après l'opération, d'abord gênante, puis lancinante jusqu'à ne faire de son corps qu'un tas informe, torturé par la souffrance d'une opération chaotique. Elle s'était évanouis tant elle la tenaillait. De ce martyre qui lui semblait irréel, il ne lui restait qu'une fine cicatrice blanche à l'abdomen. Et un ventre plat.
Elle s'était réveillée deux jours plus tôt en salle de réanimation en compagnie d'un vieux sénile, avant de céder son lit pour une chambre individuelle. Même si ce luxe s'accompagnait d'une machinerie démoniaque reliée à elle par de multiples capteurs et de transfusion de liquide blanchâtre

La chambre d’hôpital blanche et impeccable. Elle était petite, des murs blancs, étaient seulement brisés par une ligne de motifs nunuches d'oursons bleus et roses. Les draps étaient propres et sentaient encore le parfum acre de la javel. De son côté gauche, une vielle télé était accroché au mur et débitait des inepties quelconques. A part cela, il y avait juste une table rabattable, une chaise, une porte qui menait a une salle de bain. En face d'elle, trônait un placard entrouvert ou elle pouvait apercevoir ses rares affaires entreposées.
Et puis, quand elle trouvait la force, elle tournait la tête à l’extrême droite, elle tombait nez a née avec un bambin dans un berceau en plastique.

Elle n'osait pas dire son « son » bébé, pour lui c'était un étranger, voir un ennemi. Ce sentiment qui se balançait entre le malaise et la haine n'était sans doute pas étranger au fait que le nouveau née abordait des yeux violets pales et soit albinos...
Et pourtant il dormait, l'air faussement fragile et endormis. En fait, elle savait que dans le fétu d'intelligence qu'il avait déjà, il complotait déjà contre elle pour la déstabiliser !
Et voilà qu'il sort de sa torpeur pour braquer ses yeux suppliant vers elle, l'air de lui demander quelque chose ! Mais elle ne tomberait pas dans le panneau ! Elle était plus intelligente !
Ah ! Te voilà privé de tout pouvoir de tromperie ! Si jeune qu'il soit, il ne sait pas mentir !

Mais qu'est-ce qu'elle délirait ! Celui qui lui voulait du mal c'était Shin, il allait venir, elle n'en doutait pas, la fille de l'accueil était trop aimable et disponible pour ne pas faire partie d'un réseau mafieux. A moins que ce soit la femme de ménage (qui faisait le ménage) qui avait trouvé beaucoup d’intérêt pour lui... Enfin pour elle.
En tout cas il était en danger, encore pire que celui de mort, elle pourrait le prendre dans ses bras, le jeter de la fenêtre et se dire qu'elle le protégeait du père. Même si elle devait rester le reste de sa vie en prison
« Qu'est-ce que je ne ferais pas par amour ! »
pensa-t-elle

Soudain elle entendit la porte cogner, une infirmière entra dans la pièce.

« Bonjour comment allez-vous ? »


Namie, prise de méfiance haussa les épaules. L’infirmière continua habillement son baratin. Parlant du beau temps, du double arc en ciel apparut se matin, demanda si Namie avait trouvé un nom... Cela dura au moins cinq minutes, finalement l’infirmière avoua le but de la visite

« Nous allons devoir vous enlever votre fille, ce sera l'affaire de deux heures. Cela ne vous contrarie pas ? Ce sont des examens post natals communs à toutes les naissance »

Elle était méfiante... Ok Namie avait agressé une sage-femme hier matin, mais ce n’était pas une raison pour qu'on prenne autant de gant avec elle et qu'on tourne autour du pot cinq minute. Elle avait le désagréable sentiment que l’apaisement que voulait la femme n'était qu'une façade pour la manipuler.
Lorsque la femme fit mine de s'approcher elle se redressa malgré la fatigue. Son air apathique traduisait à merveille son opposition.

L’infirmière changea sa perfusion vide et la remplaça par une nouvelle, pleine de liquide transparent. Un geste familier quoi que dans ce contexte empreint de de tous les soupons du monde. Namie aurait voulu l'en empêcher, mais elle était fatiguée, le geste de lever le haut de son corps l'avait vidée. Elle ne dit rien maudissant sa faiblesse. L'infirmerie partie de la salle avec le bébé non sans un « Au revoir » plein d'ironie
Soudain les contours lui parurent flous, elle se sentait vaporeuse et inconsistante. Sa tête retomba sur l’oreiller comme une pierre. Ses doigts cherchaient à tâtons l'aiguille qui lui perforait le bras, répandent en elle de la drogue. Ils la trouvèrent, mais incapables de s'organiser pour l’ôter, elle se contenta de saisir le tube de tiré dessus. La poche se déchira et son contenu se rependît sur le sol. Elle garda le tube en main ôta l'aiguille en poussant de le sens inverse. Elle sentit vaguement un liquide visqueux parcourir son bras avant de tacher les draps blancs.
Elle appuya sur la commande d'appel d’infirmière et puis ce fut le noir.


Elle se réveilla, avec l'impression d'avoir dormis des siècles. Même odeur de javel, même lieu blanc, les draps était propres, pas de liquide au sol. Avait-elle rêvé qu'on essayait de la tuer ?elle chercha des yeux le bébé avant de ne pas le voir. Elle ne savait pas pourquoi mais elle tremblait en voyant le lit vide. Pourtant elle ne l'aimait pas cette face ridée et fainéante alors pourquoi avait-elle les larmes aux yeux ?
Elle essaya de bouger, elle ne pouvait qu'ouvrir les yeux. Essaya de crier, il ne sortit de son de sa bouche qu'un souffle faible. Elle était condamnée à l’immobilité.
Après un temps qui lui parut interminable quelqu'un entra. Elle ferma instinctivement les yeux

« … Coma depuis une semaine. On lui a injecté de l'anesthésiant pour cheval »

- Et son fils ?


- C'est une fille

- Ah ! On m'a mal informé

- Pardon ?

- Non, ce n'est rien...Continuez


- On l'a retrouvé chez les prématurés sous un faux bracelet au nom d'une patiente qui n'est pas recensée dans l’hôpital. Une sage-femme l'a reconnu comme lui appartenant. C'est rare les albinos, surtout ici, au japon.. »


Après un silence plombé elle continua

« Il est en observation »


Elle enchaîna

« La police a découvert dans son dossier une enquête pour lui ôter la garde de l'enfant sous prétexte de maltraitance. C'est absurde, elle date du jour même de la naissance de l'enfant de plus la procédure est engagée sans qu'elle soit au courant. Aucune lettres n'a été envoyée en recommandée. »

Il eut un deuxième silence, beaucoup plus grave

- Et puis les erreurs médicales à répétition. J'ai l'impression que plusieurs personnes essaient de lui faire du mal sans se concerter. »

- Laissez vos impressions de coté

- C'est étrange, vous...


- Taisez-vous.


La voix était presque un chuchotement

-Partez et ne prévenez personne si vous tenez a la vie

La fille ne se fit pas dire deux fois elle entendit la porte claquée. Namie mit du temps avant de comprendre que l'autre parlait au téléphone.

« On nous a mal renseigné, le descendant n'est pas un mâle... aucun intérêt... Fau' dire qu'il a de bons goût malgré tout... Ouais, au moins ça nous aura appris qu'il n'était pas gay c'est... Oubliez Shôichi, c'est un mauvais souvenir... Et elle ?... Ok »

Le gars raccrocha. Les pas s’approchèrent. L'adrénaline irradiait dans tous les muscles de son corps, elle eut une sueur froide mais malgré la curiosité, se retint d'ouvrir les yeux. L'homme passa a côté d'elle, son souffle ce bloqua. Il posa un objet sur table de chevet et partie sans autre forme de procès.
Elle attendit de compter jusqu'à dix avant de reprendre sa respiration. L'objet qu'il avait déposé était une enveloppe... Que pouvait-elle contenir ? Ses muscles ne répondaient pas.

Rageuse, elle essayait de bouger sans succès.
Elle ne sut pas exactement quand elle troqua son obstination contre le sommeil, elle fut presque surprise de se réveiller.

Il y avait quelqu'un assied sur son lit.
Il contemplait perdu dans ses pensées l'enfant en train de dormir. Surpris par le mouvement il tourna vivement la tête vers elle.
Elle était paralysée, tout en elle lui criait de courir. Mais son corps refusait d'obéir
Ses bras, ses épaules, et bientôt tout son corps tremblait d’une seule et unique vibration. Elle se redressa, et recula jusqu'à s'adosser à la tête de son lit. Elle ne pouvait que regarder dans sa tête l'horrifique souvenir. A part cela, elle était vide substance.

Il n'avait pas changé depuis qu'ils s'étaient vus la dernière fois au cimetière. Puis elle repensa a zen, et la rage se mêla au désespoir.
Zen comment avait-elle pu l'oublier ? Lui ?
La honte alla rejoindre la tonnelle de sentiments qui la tourmentait.
Elle avait envie de … Trop tard des larmes perlaient déjà à ses yeux...
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Shin Komatsu
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MessageSujet: Re: Enchainement désastreux [Pv Shin]   Ven 1 Nov - 19:18

Doucement, le décoloré émergea de son sommeil, peinant à comprendre ce qu’il se passait tandis que son cerveau analysait petit à petit les informations qui lui parvenait. Un rayon de soleil l’éblouissait, l’obligeant à plisser les yeux pour distinguer ce qui l’entourait : des murs impeccables, à l’exception de certains endroits où il semblait qu’on l’avait consciencieusement lézardé de nombreuses fois ; une moquette qui aurait pu être qualifié de propre si il n’y traînait pas ça et là des restes de nourritures et si elle n’était pas tâchée localement par on ne sait quoi ; et enfin un lit, où il se trouvait, qui avait dû ressembler à un vrai lit dans une vie antérieure : actuellement, il tenait plus du champ de bataille. Le matelas avait été éventré par endroit, la housse de couette était dans un sale état, et on pouvait apercevoir des grosses taches brunes par endroit, comme du sang séché...

En se relevant en position assise, il ressentit une vive douleur parcourir son avant-bras gauche ; il fut surpris de s’apercevoir que ledit avant-bras avant été entièrement tailladé, à l’arme blanche sans doute. Ah, ça lui revenait, maintenant... Il avait commencé à louer cet appart il y a une semaine environ (seulement ? Ça lui paraissait tellement loin...), lorsqu’il s’était rendu compte qu’il lui était devenu insupportable de devoir dissimuler sa souffrance vingt-quatre heures sur vingt-quatre et de feindre la bonne humeur alors que tout son être aspirait à laisser libre cours à son désespoir. C’est dingue, plus le temps passait, moins il arrivait à supporter ses problèmes... Il avait donc décidé de s’isoler un peu, le temps de faire le point sur tous les problèmes qui le tracassait. Surtout que depuis peu, il avait l’impression que ses phases dépressives et maniaques étaient de plus en plus fréquentes... Jusqu’à là, il avait eu de la chance, il s’était toujours débrouillé pour péter les plombs en petit comité, mais que fera-t-il le jour où il passera en phase maniaque au beau milieu du Campus ? C’était aussi une des raisons pourquoi il avait décidé de quitter la chambre n°2, du moins temporairement ; au moins le temps des vacances, il aviserait après.
Mais depuis qu’il s’était installé seul, son état s’était empiré... N’étant plus soumis à l’impératif social, sa vigilance s’était relâchée, son suivi du traitement avait été moins rigoureux, et du coup depuis qu’il était là, il avait enchaîné les rechutes, un peu comme à son dernier séjour à l’hôpital psychiatrique. Mais surtout, à chaque fois, il avait l’impression que ses phases étaient de pire en pire... L’état dans lequel était son bras était la preuve que ses craintes étaient fondées. Il lui fallait réagir, sans quoi il allait devoir retourner à l’unité psychiatrique. Et ça, il en était hors de question.

L’italien entreprit de se lever, chancelant, avant de s’appuyer contre le mur pour ne pas tomber. La tête lui tournait, ses jambes tremblaient et son champ de vision se rétrécit brutalement ; il était peut-être allé un peu fort sur le cutter hier, phase dépressive ou non... Lorsqu’il eut à peu près recouvré la vue, il se traîna plutôt qu’il marcha vers la cuisine, luttant presque pour mettre un pied devant l’autre sans tomber, avant de s’écrouler devant la nourriture qu’il avait eu le temps de poser sur la table pour son petit déjeuner. Ça devrait aller mieux après avoir mangé un peu... Et effectivement, après avoir avalé plusieurs tartines au Nutella, il se sentit moins brumeux et les tremblements cessèrent. Une fois son petit-déjeuner fini, il attrapa son téléphone et alla voir sa to do list, vu que depuis qu’il vivait en ermite il était désorganisé au possible... Avant de se figer instantanément en voyant le premier point de sa liste, souligné et en gras pour qu’il ne puisse pas le louper.
Aller voir Namie à l’hôpital.
Le lycéen fit un petit sourire triste avant de verrouiller son portable et de s’avachir sur sa chaise. Il l’avait presque oublié... Il avait tenté plusieurs fois de la joindre ou de la contacté pendant ces derniers mois, mais elle n’avait jamais répondu à ses appels. Et il ignorait où la trouver maintenant, vu qu’elle ne venait plus au Campus... Par chance, il avait réussi quelques jours plus tôt à obtenir d’une infirmière qui s’était déjà occupée de lui et qui le trouvait mignon (même si c’était très loin d’être réciproque...), à force de persuasion et de sourires, l’information que Namie séjournait actuellement à l’hôpital et qu’elle avait accouché peu de temps auparavant... Et depuis qu’il l’avait revu à l’enterrement de Zen, il s’était juré de faire tout son possible pour l’aider et d’arrêter de la fuir. Aller la voir à l’hôpital lui semblait être un bon début... Même s’il ignorait comment elle allait réagir. Et s’il en serait capable, surtout.
Secouant la tête, il se leva et alla se préparer. Il avait bien été capable de la violer, alors il pouvait bien aller lui rendre visite... Histoire de se détendre un peu, il alluma son MP4 et le brancha sur la base associé pour le mettre en haut-parleur. Instantanément, la chanson choisie aléatoirement par son appareil démarra et résonna dans la pièce :

Cut my life into pieces
This is my last resort
Suffocation
No breathing
Don't give a fuck if I cut my arm bleeding~ ♪


Un sourire se dessina sur son visage. Décidément, le hasard faisait bien les choses... Enfin, « bien ». Disons que Dieu, s’il existait, avait de l’humour...

____________________

"Namie Amane ? Elle se trouve dans la chambre 042. Vous savez où la trouver, je présume."
- Oui, merci.
- Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas !"


Ignorant la dernière réplique de la réceptionniste comme à son habitude, il se dirigea vers l’escalier et commença sa lente ascension vers le secteur maternité de l’hôpital. Tout en montant les marches, Shin tenta de rester zen tout en serrant inconsciemment bouquet de fleur dans ses bras. Un bouquet d’Asphodèle, qui signifiait le regret... Quoi de plus approprié dans la situation présente ? Chassant cette pensée en secouant la tête, il focalisa son esprit sur tous les petits détails sans importance qui étaient censés le rassurer. Il avait mis son tee-shirt préféré, celui qui était blanc en haut et qui se dégradait pour devenir noir en bas, il avait également sur lui son bon vieux sweat aussi décoloré que ses cheveux, bien qu’il soit encore rose vif par endroit, et un jean déchiré qu’il aimait bien mettre parce qu’il était assez confortable. Il avait également bien pris soin de prendre son traitement avant de partir (il s’était même permis de prendre un peu plus que la dose prescrite, au cas où ; puis de toute façon, s’il faisait un arrêt cardiaque au beau milieu du couloir, il était dans le meilleur endroit du monde pour être pris en charge rapidement) sans oublier une bonne quantité de sucreries dans son sac si jamais il refaisait un malaise. Il s’était même entraîné à éviter des oreillers, des vases et tout ce qui pouvait se trouver dans une chambre d’hôpital, et s’était renseignée sur les prénoms les plus populaires du moment, que ce soit pour des filles ou pour des garçons, vu qu’il ne connaissait toujours pas le sexe de... de... du truc, là.

Brusquement, il se rendit compte qu’il était arrivé devant la porte de la chambre 042. Sans s’en rendre compte, tout son stress revint d’un coup, anéantissant tous ses efforts pour rester calme : sa gorge se noua, une boule se forma dans son estomac, il se mit à trembler d’un coup... Il avait peur de ce qu’il allait voir dans cette chambre. Peur de la réaction de Namie, peur de l’accueil qu’elle allait lui réserver, peur de voir le fruit de son dérapage d’il y avait quelque mois... Mais plus que tout, l’italien avait peur d’affronter la réalité en face, de prendre ses responsabilités et d’admettre devant sa victime ses torts en sachant pertinemment qu’elle ne lui pardonnerait jamais. Sous le coup de l’émotion, un malaise le reprit, le forçant à s’appuyer contre le mur pour reprendre ses esprits. Pendant quelques instants, il n’eut comme seul envie de tourner les talons et de s’éloigner le plus possible de cet endroit. Franchement, en quoi sa visite pourrait faire plaisir à Namie ? Ça ne servirait qu’à raviver chez elle de mauvais souvenirs, et d’attiser sa haine envers lui... Et sérieusement, il pensait vraiment qu’en se ramenant avec un beau bouquet de fleurs, il allait tout arranger ? Des fleurs qui expriment le regret, tu parles ! De toute façon, il n’était même pas sûr qu’elle en connaisse la signification. Au fur et à mesure qu’il se remettait de ses émotions, il retrouvait du même coup sa volonté initiale. Il s’était promis de ne plus l’esquiver et de lui apporter son soutien, même s’il était dérisoire, il n’allait pas encore se dérober maintenant ! Et de toute façon, il était là, avec un bouquet de fleurs qu’il avait acheté pour elle. Alors même si c’était dur, même s’il mourrait d’envie de s’en aller, il irait jusqu’au bout. C’e n’était qu’une simple visite, de toute façon. Une simple formalité, se répéta-t-il alors qu’il ouvrait lentement la porte, le cœur battant malgré tout.
De par son long séjour à l’hôpital ainsi que ses fréquentes visites obligatoires, le décoloré connaissait bien les chambres de l’hôpital. Aussi ne fut-il pas très surpris lorsqu’il découvrit la numéro 042, semblable à toutes les autres, mais qui différaient de celles qu’il connaissait par un détail qui avait son importance : un berceau trônait à côté du lit, contenant sans aucun doute un bébé... Le sien. Il se rapprocha doucement du berceau avec une pointe d’appréhension, faisant totalement abstraction de l’autre être humain présent dans la pièce, avant de se pencher au-dessus de celui-ci et de découvrir...
... Un bambin en body rose portant un bracelet tout aussi rose en train de dormir, paisiblement, ne remarquant même pas sa présence. Visiblement, c’était une fille... Il ne put réprimer le sourire niais qui se dessina sur son visage, tout en s’asseyant sur le lit à proximité pour pouvoir continuer à regarder l’être assoupi en face de lui sans risquer de refaire un malaise. Depuis qu’il avait été mis au courant de son existence, il n’avait jamais cessé de le surnommer la chose, le truc, ou autre qualificatif inadapté, n’osant jamais le nommer correctement, de peur que cela lui donne une consistance, une certaine réalité. Tant qu’il lui donnait des surnoms, ça lui donnait l’impression qu’elle restait un concept abstrait, flou, qu’on pouvait reléguer dans un coin de son esprit sans trop s’en soucier. De ce fait, il avait toujours pensé que lorsqu’il la verrait, il aurait une réaction de rejet et qu’il ne l’identifierait jamais comme étant sa progéniture. Mais maintenant qu’il pouvait mettre un visage sur cet enfant qu’il avait toujours ignoré, il réagissait à l‘inverse de toute ses prévisions. Il ne pouvait pas s’empêcher de la trouver... mignonne. Horriblement mignonne, avec sa petite bouille... En plus, elle semblait avoir les cheveux de son papa~ Bien loin du rejet qu’il craignait, il était totalement conquis par ce qu’il voyait. Il avait souvent entendu parler de l’amour et de l’instinct maternel (bien qu’avec sa propre mère il n’avait pas eu vraiment l’occasion de le constater...), mais beaucoup plus rarement de celui paternel, cette fois. Il fallait croire que ça existait, au vu de sa réaction... Y’avait des trucs qui fonctionnaient bien dans la nature, quand même. Trop bien, même... Il allait finir complètement gaga à ce rythme.

Soudain, un mouvement attira son attention, le faisant se retourner vers le lit où venait de se réveiller Namie... Ah. La découverte de sa fille l’avait presque fait oublier sa présence... Il se rendit compte d’un coup à quel point ils étaient proches, ce qui ne semblait pas rassurer la jeune fille. Elle tremblait comme une feuille... En voyant sa réaction, le lycéen se mordit la lèvre, son sourire se dissipant aussi vite qu’il était venu. Même si des mois étaient passés depuis, il continuait à la perturber ; il n’avait jamais vu quelque d’aussi apeuré : on aurait dit un lapin figé devant les phares d’une voiture. Il avait naïvement espéré qu’avec le temps, le traumatisme s’estomperait et qu’elle arrivera à oublier, petit à petit... Et bah non, raté. Ça semblant même pire qu’avant. Son impression se confirma lorsqu’elle se mit à pleurer, image qui lui serra le cœur. Il n’était pas venu pour la mettre dans cet état, il voulait l’aider... La voir aussi triste rien que parce qu’il était là sans pouvoir rien y faire lui était insupportable. Il tendit sa main vers elle, avant de se figer et de faire machine arrière. Mais qu’est-ce qu’il faisait ? Il pensait qu’il allait la rassurer en mettant sa main sur son épaule ? Qu’il suffisait de faire un petit geste cliché comme ça pour que tout s’arrange ? Il était vraiment débile, parfois. Gêné, il se contenta de lui tendre un mouchoir en détournant la tête, ne voulant pas avoir l’air d’épier ses moindres faits et gestes, avant de se lever et de déambuler un peu dans la pièce de manière assez aléatoire.
Nerveux, il se mit compulsivement à manger des marshmallows, de un parce que ça limitait les chances de faire un nouveau malaise, et de deux parce que ça lui permettait de réfléchir. Que faire, pour meubler ce silence oppressant qui s’était installé ? Honnêtement, il n’en savait trop rien. Il détestait ce genre de situation où il ne pouvait rien faire et où cependant tout dépendait de lui, ça le mettait mal à l’aise... Et surtout, comment réagir avec la fille que vous avez violée ? Ça, il n’avait aucun moyen de le savoir. Alors, il fit la seule chose qu’il savait faire. Faire semblant. Jouer l’ingénu, faire comme si de rien n’était, afficher un petit sourire même si vous mourriez d’envie d’exploser en larmes. De toute façon, que pouvait-il faire d’autre ?

"Il fait beau aujourd’hui, hein ? Vous avez de chance, la chambre est exposée plein sud en plus, c’est plutôt rare dans l’hôpital." S’exclama-t-il d’une voix qui se voulait enjouée, en souriant de manière pas très convaincante.

Puis, brandissant le bouquet de fleurs qu’il tenait toujours à la main, il continua d’un ton qui sonnait faux :

"Regarde, je t’ai acheté des fleurs~ Jolies, n’est-ce pas ? Je vais les mettre dans un vase, elles risquent de s’abîmer sinon, ce serait dommage..."

Tandis qu’il les mettait dans ledit vase, tournant momentanément le dos à son interlocutrice, son sourire se fana instantanément. Il faisait semblant, certes, mais ça se voyait ; même lui s’en rendait compte. Il faisait pâle figure, comparé à ce qu’il était capable de faire habituellement. Mais voilà, il était incapable de faire abstraction de ses émotions et de jouer la comédie face à la lycéenne, alors qu’elle avait tant souffert à cause de lui... Shin soupira. Tant pis, même si c’était une mascarade, il fallait qu’il continue comme ça... Ce n’était pas comme s’il avait le choix, de toute façon.
Se retournant vers son vis-à-vis, il dessina à nouveau un grand sourire sur son visage, pas forcément mieux réussi que le premier d’ailleurs, avant de poursuivre :

"Alors, comment se passe ton séjour à l’hôpital ? Ça pas été trop dur ? Et... Tu as trouvé un nom pour elle ?"

Parce que malgré tout, il se sentait très préoccupé par l’avenir de sa fille.

_________________


No marshmallow, no life.



Et une victoire pour l'équipe 2 ! :D
Épousé quatre fois, adopté deux fois et tué cinq fois~
Douze roses pour le bipolaire au marshmallow~ ♪
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